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Je me souviens d'une petite boule de poils blanche tressaillant parmis 10 autres semblables de ta nichée. Parmis tant de chiots adorables c'est vers toi que mon choix s'est porté car tu m'avais choisie toi aussi. Tu courrais vers moi quand je m'accroupissais et tu venais déjà chercher nos premiers câlins.
Je me souviens t'avoir ramené à la maison ivre de joie un samedi après-midi.
Sur mes genoux dans la voiture nous allions ensemble vers le bonheur sans le savoir.
Je me souviens, le ventre arrondi par l'arrivée de Lucas, avoir partagé avec toi ces longs moments d'attente à rester couchée. Tu me distrayais et faisais que le temps me paraissait bien moins long.
Je me souviens de nos premiers pas sur les terrains de "dressage" où tendresse, patience, et complicité se mêlaient harmonieusement à notre rigeur et à notre notre détermination mutuelle.
Je me souviens de ces concours où en montant sur le terrain je te targais d'un "attention maintenant... travailler hein". Tu savais ce que je voulais dire et, réglé comme une horloge, tu te calais tout contre ma jambe pour ne plus en décoller.
A deux nous faisions se lever les concurents qui scrutaient avec attention la moindre faille chez nous pour espérer nous dépasser...
Je me souviens de ton courage. Toi qui avais le vertige, tu te dépassais rien que pour moi et, même haut perché pour certaines épreuves, tu te surpassais et exécutais, parfois même en tremblant, les 'ordres' que je te demandais.
Je me souviens de cette épreuve de barrage durant laquelle tu devais effectuer les positions (assis, couché, debout) à des distances de plus en plus éloignées de moi en concurence directe avec le challenger.
C'est toi qui avais été le meilleur et qui avais été proclamé Champion de Belgique de la fédération à à peine un an.
Je me souviens de la fierté que j'avais de pouvoir montrer ce qu'on pouvait arriver à faire avec un chien à mes élèves au club. Tu patientais sagement sur ta couverture au bord du terrain et quand je t'appelais tu arrivais en galopant ne demandant qu'à participer à mes leçons.
Je me souviens avoir partagé avec toi des moments de jeux si fous pendant lesquels je pouvais te pousser, te soulever, te provoquer jusqu'à ce que tu viennes effleurer ma peau de tes dents puissantes sans jamais me faire mal tant tu me respectais.
Je me souviens de ton adoration pour la manche en toile de jute destinée au mordant des chiens les plus 'féroces".
Toi le golden retriever tu ne pensais qu'à l'attraper à pleines dents pour jouer.
Je me souviens de ces journées à la mer où tu courrais comme un fou pour te jeter dans l'eau, te rouler dans le sable et venir te secouer chez moi. Tu avais bon et ça faisait plaisir à voir.
Je me souviens de toutes ces personnes et de tous ces animaux qui ont croisé ta route et que tu as toujours accueillis et acceptés si chaleureusement.
Je me souviens, je me souviens, je me souviens...
Je me souviens de ce temps où tes pattes ont commencé à te jouer des tours et à s'affaiblir.
Je me souviens de ce temps où tes intestins ont commencé à saigner.
Je me souviens de ce temps où le cancer s'est attaqué à ta babine.
Je me souviens de tous ces moments où j'ai eu si peur de te perdre, si peur de connaître la peine qui me taillade le coeur en ce moment.
Je me souviens de cette nuit pendant laquelle tu nous as appelé sans jamais te décourager.
Je me souviens de ce samedi où tu avais mal, où tu t'es mis à saigner, où j'ai pris cette décision que je redoutais depuis si longtemps...
Je me souviens de cette dernière heure pendant laquelle tu nous a fais comprendre que c'était LE moment.
Je me souviens de CE moment... ta tête dans mes mains tu t'es endormi à jamais.
Me laissant seule avec mes souvenirs, ma douleur, ma culpabilité d'avoir décidé de mettre un terme à ton existence,
à notre a(mour)venture...
Je me souviens de ce dimanche matin quand je t'ai retrouvé refroidi par la nuit et où j'ai dû faire face à la réalité et me rendre compte qu'il ne s'agissait pas d'un cauchemard.
Je me souviens de ce dimanche midi où nous t'avons déposé dans ce que nous t'avions aménagé comme dernière demeure au fond du jardin de Papa. L'émotion nous submergeait tous les uns après les autres quand nous devions t'adresser nos dernières paroles et nos derniers regards. Je ne parvenais pas à te laisser...
Et puis nous t'avons recouvert... de terre mais aussi et surtout de tout notre amour.
Je me souviendrai toujours de toi mon Chance, mon ami, mon double, mon équipier.
Je me souviendrai de tout ce que tu m'as donné, gratuitement sans jamais compter.
Je me souviendrai de notre complicité unique.
Je me souviendrai toujours de la Chance que j'avais et que je n'ai plus aujourd'hui.
Je n'ai pas les mots pour te dire ô combien je te suis reconnaissante et te le serai toujours. Mais je sais qu'un jour, là haut, à mon tour, je remuerai ciel et terre pour toi, pour te retrouver et te rendre tout ce que tu m'as donné ici-bas durant ces 14 magnifiques années.
Repose en paix mon chien, mon Chance,
mon Loulou, tu l'as bien mérité !
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